Après deux cas de dengue confirmés biologiquement, sept nouveaux cas suspects viennent d’être détectés par les agents de lutte anti-vectorielle.
Chat échaudé craint l’eau froide… Les autorités sanitaires ont sorti la grosse artillerie depuis que deux cas groupés de dengue ont été confirmés par RT-PCR (1) la semaine dernière à Saint-Louis. Un bouclier anti-moustiques censé protéger une population qui sort à peine la tête de l’eau après la crise sanitaire du chikungunya. Dans le quartier de Bois de Nèfles Coco, les personnels de la mairie de Saint-Louis et de la Drass se relaient depuis jeudi pour renforcer la surveillance et limiter la prolifération de l’invétéré aedes. Recherche de nouveaux cas, sensibilisation de la population, traitement des ravines, lutte mécanique (soucoupes de pots de fleurs renversées…) ou biologique, à coup de larvicides… le protocole est suivi à la lettre. “On met le paquet ! C’est un signal qu’on prend très au sérieux”, assure le Dr Vincent Pierre, coordinateur de la cellule inter-régionale d’épidémiologie Réunion-May otte (Cire). Déjà deux passages de démoustication aérienne (adulticides) ont eu lieu sur la zone. Un troisième est programmé pour la fin de cette semaine. Des efforts qui ne devraient pas être relâchés après les dernières informations recueillies sur le terrain par les agents de la LAV. “Cinq à sept nouveaux cas suspects” ont été repérés “dans le même quartier de Saint-Louis”, indiquent les autorités sanitaires. Les signes cliniques étant compatibles avec la dengue, des analyses biologiques ont été réalisées sur ces malades pour confirmer qu’il s’agit bien du virus. Les résultats pourraient être connus en fin de semaine. “Une très grosse prudence” s’impose, concède le Dr Pierre.
Drôle de coïncidence
Bien entendu, la Drass veut éviter à tout prix une reprise épidémique, d’autant que certains faits sont troublants. Alors que la population de moustiques est censée être la plus abondante en janvier-février - période la plus chaude et humide - c’est toujours à la fin de l’été austral que les épidémies sont apparues ces dernières années : en avril 2004 (épidémie de dengue qui a contaminé 228 personnes), en mars 2005 (premier cas de chikungunya à la Réunion) ou en mai 2007 (huit cas de dengue à la Rivière Saint-Louis). La zone semble aussi étrangement frappée par les crises sanitaires qui se succèdent. Saint-Louis a été l’une des communes les plus touchées par le chikungunya et l’on se souvient des cas de dengue qui ont été découverts du côté du Ouaki l’année dernière. Saint-Louis croulerait-elle sous les moustiques ? Les relevés entomologiques réalisés la semaine dernière dans le quartier de Bois de Nèfles Coco, montrent en tout cas une présence importante du vecteur, puisque “l’indice de Breteau (2) était de 40”, apprend le Dr Pierre. Par ailleurs, les deux cas de dengue déclarés vendredi n’inquiètent pas les autorités dans la mesure où il s’agit de cas isolés. Ils n’auraient sans doute même pas fait l’objet de signalement si deux cas de dengue n’avaient été repérés sur Saint-Louis. Rappelons en effet que la dengue circule à bas bruit à la Réunion depuis des années. En 2007, les laboratoires de la région ont confirmé 90 IgM positifs à la dengue
Source : Clicanoo-Marie Payrard- le 15 avril 2008
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