La faute à la météo et à des poches d'eau stagnante qui favorisent leur prolifération.
«CETTE ANNÉE, ils sont gros comme des oiseaux-mouches, témoigne Francis, rencontré dans les prairies du Perray. Tous les soirs en ce moment, c'est Apocalypse Now avec des insectes à la place des hélicos. » L'été naissant est gâché dans la vallée de l'Orge (autour de Sainte-Geneviève-des-Bois et Brétigny) par une invasion de moustiques à grande échelle.
Des insectes volants et piquants qui mettent en péril les soirées dans le jardin et les promenades au frais.
« Certains de nos adhérents ne viennent plus, acquiesce Jean-Marc Lebègue, président de l'association de tir à l'arc de Sainte-Geneviève. Impossible de se concentrer quand on ramasse trois moustiques sur le bras en tendant l'arc. »
Les riverains pestent, les hirondelles se régalent
Cette situation est liée à une météo humide depuis l'été dernier et des épisodes de chaleur depuis mai. L'hiver dernier, l'Orge a débordé, formant des nappes d'eau dans les prairies environnantes. Un phénomène naturel qui participe à la bonne qualité de l'écosystème local.
Problème : ces poches d'eau constituent un milieu idéal pour le développement du moustique. En temps normal, il faut trois semaines aux larves pour sortir de l'eau. Par fortes chaleurs, le délai se réduit à dix jours avant que l'insecte volant ne gagne les airs et que les femelles ne se lancent dans une quête de sang frais, avec une capacité de déplacement de 20 km par jour. Pourtant, au Sivoa, le syndicat mixte de la vallée de l'Orge aval, qui gère ces zones, aucune mesure n'est prévue pour l'été 2008. « Les abords de l'Orge sont classés espaces naturels sensibles afin de les protéger de tout rejet polluant. A ce titre, il est interdit d'utiliser des produits phytosanitaires », explique Pascale Simonin, du Sivoa. Or les pesticides, forcément polluants, finiraient invariablement dans l'eau. L'été dernier, le Sivoa avait testé l'utilisation d'une solution biologique, le bacille de Thuringe, une bactérie qui bloque le développement des larves. Une solution utilisée à grande échelle sur le littoral atlantique. « Mais ce n'est pas une solution parfaite car le bacille affecte aussi d'autres espèces. » Avec pour conséquence une baisse notable de la biodiversité, notamment des prédateurs naturels comme les larves de libellules.
Le Sivoa a donc pris la décision... de ne rien faire dans l'immédiat. Avec un argument de poids : cela ne servirait à rien ! « Il est impossible d'éliminer les moustiques adultes. Et il n'y a pas de fortes pluies attendues cet été, donc le problème va se régler tout seul avec l'assèchement des mares. » A part l'inconfort provoqué par les piqûres, les moustiques locaux ne sont pas porteurs de maladies.
Pour l'été 2009, le Sivoa prévoit quelques travaux pour rehausser les entrées de zones inondables. « En attendant, il y en a à qui ça profite », observe Marie-Hélène en levant les yeux au ciel. Eh oui ! Les moustiques sont un repas de fête pour les hirondelles.
Source : auteur : Gilbert Aubery- www.Leparisien.fr - 17 juillet 2008
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