Haïti, déjà très touché par le paludisme, fait face à un risque accru à la suite du tremblement de terre du 12 janvier, selon une évaluation britannique obtenue mardi par l'AFP.
"Il est hautement probable que la prévalence du paludisme va augmenter dans la foulée de la catastrophe", a indiqué à l'AFP Fiona Place, chercheur à l'institut britannique d'analyse des risques Maplecroft et co-auteur du répertoire du même nom sur les risques du paludisme.
"Des camps pour personnes déplacées surpeuplés, des abris et des facilités santaires inadéquats, des services médicaux surchargés, des systèmes d'égouts endommagés: tous ces facteurs offrent des conditions favorables au développement des vecteurs du paludisme", a fait valoir Mme Place.
L'usage improvisé des captages d'eau de pluie à ciel ouvert facilite aussi la multiplication des moustiques vecteurs de la maladie, a-t-elle ajouté.
Pour elle, contenir l'extension du paludisme dépendra partiellement de la rapidité avec laquelle les organismes d'aide pourront fournir des moustiquaires imbibées, offrir des soins de base et distribuer médicaments et provisions.
La dysentrie, la rougeole, la tuberculose, la grippe et des maladies transmises par les moustiques telles que la dengue menacent déjà la population haïtienne, particulièrement ceux qui sont faibles, vivent dans la rue ou dans des logements exigüs, estiment les experts.
Selon le répertoire Maplecroft, qui propose un classement des pays les plus affectés par le paludisme, six seulement des 40 premiers ne se trouvent pas en Afrique. Haïti était classé 34e avant le tremblement de terre, c'est-à-dire dans la catégorie "haute" de risque.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, on peut estimer à 243 millions le nombre de cas de paludisme en 2008 dans le monde, et près de 863.000 personnes sont mortes. 85% des décès concernent des enfants de moins de 5 ans.
Source : AFP / 19 janvier 2010 16h38
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