L'impact sanitaire du réchauffement climatique
Bientôt des cas de paludisme au Spitzberg ?
RAPPORTS et alertes semblent tomber comme des mouches dans le trou de la couche d'ozone. Les experts de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique viennent ainsi de remettre au ministère de l'Ecologie un nouveau rapport sur les conséquences sanitaires du changement climatique. «Il faut repenser la conception des bâtiments et des villes, notamment en prévision des fortes chaleurs», expliquent-ils.
Et les canicules ne sont que l'un des événements climatiques violents appelés à se multiplier d'ici à la fin du siècle, car les ouragans, précipitations et autres inondations pourraient également avoir des conséquen- ces dramatiques au plan de la santé, notamment en affectant la qualité de l'eau et des aliments.
Mais le risque le plus inattendu – celui auquel les populations sont le moins préparées – pourrait bien être l'apparition de maladies infectieuses inhabituelles sous nos latitu- des, véhiculées par certains insectes. On est encore loin d'observer des épidémies de paludisme au Spitzberg, mais le risque existe bel et bien.
Si l'on s'en tient aux seuls moustiques, vecteurs du paludisme, mais aussi de la dengue, de la fièvre jaune ou de la vallée du Rift, leur rencontre avec des populations nouvellement concernées (donc n'ayant pas eu l'occasion de s'immuniser partiellement) pourraient avoir des conséquences très sérieuses, estiment les experts.
Enfin, il est également possible que l'augmentation de la température globale, en chauffant le vaste bouillon de culture que représente notre planète, favorise les mutations plus rapides des micro-organismes et, partant, augmente la probabilité de voir apparaître des virus ou des microbes pathogènes nouveaux. Au-delà de l'information des populations et de la culture du risque que préconise le rapport, il faut sans doute aussi que chacun se rappelle que la consommation à outrance et l'accélération d'un monde générateur de technologies polluantes sont les premiers fac- teurs du réchauffement climatique ; et, que l'on soit croyant ou pas, méditer un peu les mots d'Albert Camus dans « la Peste » : «Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout ce qui prétend accélérer l'ordre immuable, qu'il a établi une fois pour toutes, conduit à l'hérésie.»
Auteur : DIDIER DOUKHAN
Source : Le Quotidien du Pharmacien
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