Depuis plusieurs années, un organisme public régule la présence de moustiques sur la côte. Et sans insecticides.
Ah l'été, les soirées dans le jardin et les attaques en règle de bataillons de moustiques... On frappe dans ses mains comme un danseur de flamenco ou on se parfume à la citronnelle, c'est au choix. Toutefois, il y a aussi une équipe qui travaille à affaiblir la présence du moustique en Presqu'île.
Photo : L'EID a repéré les parcelles où l'aspersion est nécessaire et la lutte anti-larvaire commence dès février.
L'Entente interdépartementale de démoustication travaille sur le terrain en s'attaquant aux larves. « Les moustiques pondent sur des vases salées et humides. Leur gîte de prédilection c'est le marais salant en friche », explique Marc Rozec, chef de service départemental de l'EID.
Des gîtes noyés
Dans ces vases, sont engloutis des stocks d'oeufs qui peuvent éclore dès que la vase est recouverte d'eau. Aussi devant ce constat, la première solution de l'EID a été de remettre ces friches en eau. « Notre métier se base sur une connaissance fine du marais. On repère ceux qui sont abandonnés grâce à des plantes témoins (certaines graminées et des salicornes). De là, on se met d'accord avec leurs propriétaires pour une remise en eau. Sachant que c'est l'EID qui finance, ça se passe très bien ». En dix ans, l'EID a remis 320 ha de marais en eau. « Et 115 ha ont été repris pour exploitation », précise Marc Rozec. Car cette méthode de régulation - appelée aussi lutte physique contre les moustiques - a accompagné la reprise salicole : la vase ne se fend pas, l'hydraulique d'origine est respectée, ce qui permet au nouvel exploitant d'hériter d'un marais en moins mauvais état que s'il était resté sec. Bien sûr cette remise en eau doit être accompagnée et les agents de l'EID vérifient régulièrement les niveaux d'eau. « On ne noie pas les marais, seulement 15 à 20 cm d'eau et on baisse les niveaux en hiver ».
Des larves détruites
Mais il y a bien sûr des parcelles que l'EID ne peut pas contrôler, qui sont successivement asséchées, remises en eau soit avec la marée, soit avec la pluie et où se développent donc les larves des moustiques. Dans ce cas, une lutte anti-larvaire par aspersion est nécessaire. Mais le produit, dans un milieu aussi sensible que le marais, se devait d'être bio. C'est donc une souche du bacille de Thuringe qui est injecté dans l'eau des gîtes à moustiques. Ingéré par la larve, le bacille détruit son système digestif. « Notre premier outil est la bassine, on prélève de l'eau dedans et on regarde s'il y a une quantité de larves qui justifie qu'on intervienne ». Et l'intervention doit être rapide : quand le moustique a passé le stade larvaire pour arriver à celui de nymphe, c'est déjà trop tard. Par ailleurs, ce bacille n'est pas un produit rémanent, donc quand il pleut à nouveau, il faut recommencer l'opération. Autant dire que les deux derniers étés pluvieux n'ont pas été de tout repos pour l'équipe de l'EID. « Heureusement pour nous, il faisait frais et il y avait du vent donc les moustiques ne sortaient pas du marais ». Car aussi féroces soient-elles, ces petites bêtes n'aiment pas le mauvais temps.
Source :www.PresseOcéan.fr- Mercredi 8 juillet- Auteur :M.C.
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