Deux sociologues cherchent à connaître l'impact social de la démoustication

La sociologue Cécilia Claeys (à droite) et son assistante Mégane Meresse sont à la recherche de volontaires prêts à rendre compte de la gêne occasionnée par les moustiques à Port-Saint-Louis-du-Rhône et Salin-de-Giraud.
Photo Nicolas Vallauri
Le sujet est particulièrement urticant. Parasite insupportable pour certains, maillon essentiel de la faune sauvage pour d'autres: l'incontournable moustique de Camargue fait l'objet d'une nouvelle étude. Mais cette fois, tout à fait subjective.
"C'est justement le but", explique Cécilia Claeys, sociologue, maître de conférence à l'Université de la Méditerranée et collaboratrice du laboratoire de recherches arlésien Desmid, en charge de l'étude (financée par le Conseil général). "Il ne s'agit pas de réaliser une analyse scientifique mais de mesurer le ressenti des gens vis-à-vis de la démoustication expérimentale menée à Salin-de-Giraud et Port-Saint-Louis. Qu'importe si la démoustication est efficace si la population le ressent différemment.
En se basant sur le principe de la démocratie participative, Cécilia Claeys a eu l'idée de faire appel directement à la population concernée en créant un réseau de "mollets volontaires". Ce terme fait référence au protocole utilisé par l'EID (Entente interdépartementale de démoustication) qui consiste à offrir en pâture ses mollets aux moustiques pour pouvoir les capturer. "Ce n'est qu'un clin d'oeil : nous n'allons pas demander à nos sondés de mettre leurs mollets dans les marais pour se faire piquer. Juste de vivre leur vie comme ils en ont l'habitude et de nous rendre compte de la gêne occasionnée par les moustiques dans leurs activités habituelles."
Reste à trouver des candidats, prêts à rendre compte tous les jours et une fois par semaine, de la météo et des conséquences sur leur mode de vie en fonction de la présence, ou non, des moustiques. "L'enquête va durer 17 semaines, d'août à novembre. Mais ce n'est pas très contraignant: il suffit de mettre une croix chaque jour et de remplir une fiche un peu plus complète chaque vendredi soir" présente Mégane Meresse, étudiante et assistante de Cécilia Claeys sur ce projet.
C'est elle qui a réalisé le cahier de suivi, un document coloré et convivial qui liste toutes les activités préférées des Camarguais, de la simple promenade à la partie de chasse, en passant par l'apéritif avec les amis.
La participation des sondés n'est pas rémunérée, mais récompensée par des chèques cadeaux. "À Port-Saint-Louis et Salin, les gens ont l'impression d'être un peu abandonnés, ils vivent une sorte d'insularité sociale. Mais cette fois, ils ont la possibilité de s'exprimer". Et de faire avancer la connaissance sur cette bestiole, toujours un peu mystérieuse.
www.Laprovence.com- Auteur :Aveline Lucas- 010809
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