
Photo : Philippe Lambert
Ci-dessus : L'arme des technicien démoustiqueurs : un bac, une pipette et une poudre pour tuer les larves. Support pédagogique d'une lutte qui atteint ses limites quand les agents ne peuvent pas traiter certaines propriétés privées.
Paradoxe écolo
L'arsenal que déploie Marc, c'est la pédagogie. Par l'écoute, le constat et le conseil. Un petit tour du propriétaire suffit en général à diagnostiquer les « points chauds », surtout humides. « On ne peut plus dîner le soir sur notre terrasse », explique une dame du chemin cagnois. Pourtant, elle pense déjà avoir fait sa part : à première vue pas d'eau stagnante, les coupelles sous les pots de fleurs sont sèches et ceux qui sont vides retournés. Mais au pied de la gouttière : un récupérateur d'eau pluviale. Marc soulève le couvercle.
Des dizaines de larves gigotent à la surface. Et en passant son doigt sur les parois, le technicien relève des centaines d'oeufs de diptères. Ils attendent, par milliers, la prochaine pluie pour être en eau et se transformer en larves.
a nuisance de notre bonne dame est localisée. Sur un gîte qu'elle ne soupçonnait pas. Elle sera quasiment neutralisée avec le bac renversé et mieux fermé. A quelques mètres, chez son père, la villa voisine de ce secteur mi-résidentiel mi-campagnard est aussi sujette au désagrément. Le constat est le même.
« Coincés »
En contrebas de ce vallon pavillonnaire et ombragé, sans la courtoisie ambiante qui règne ici entre les voisins, l'agent de l'office de démoustication aurait pu rester à la porte. Chez cette grand-mère cagnoise, c'est l'infection. Sous la tonnelle des bocaux remplis à ras bord. Des nuées d'Aedes Albopictus. Malgré tous les efforts engagés par les voisins, la lutte est vaine si la mamie laisse faire. Après un bon quart d'heure d'explication, Marc parvient difficilement à convaincre la vieille dame de bazarder les pots et déplacer ses boutures. Seulement, il y a trop de boulot. Et un autre rendez-vous l'attend. « Le dispositif atteint ses limites », déplore-t-il. Il devra le mentionner dans son rapport. Et la note sera transmise à la mairie et aux services sanitaires du conseil général.
Mais dans bien des cas les portails restent clots. Quand elles ne sont pas directement réclamées par les riverains, 90 % des visites chez les particuliers sont vaines. Et les agents « démoustiqueurs » souvent les otages des guerres entre voisins. « On ne peut pas se permettre de franchir les clôtures. Et on est souvent coincés », regrette Bernard Cadiou, responsable de l'EID dans les A.-M. Coincés face à des milliers de larves qui pullulent dans un gouffre juridique. Car la limite de l'exercice, c'est « la pénétration dans le domaine privé ». Elles se font sur « injonction du procureur de la République ou réquisition sous délégation des maires. Malgré le règlement sanitaire départemental, on assiste parfois à des procédures sans fin ». Certaines traînent depuis des années.
Source :www.nice-matin.fr-Auteur : Romain Maksym-080809
Voir les autres articles pour : Articles sur les moustiques