Philippe Parola passes ses journées entre l'hôpital Nord où il s'occupe de malades et la faculté de la Timone où il mène des recherches dans l'équipe de Didier Raoult.
Avec un sourire, Philippe Parola revendique des journées de travail de 12 heures. Le matin, il se consacre aux soins des malades. L'après-midi, il conduit des recherches médicales. Deux journées en une, un emploi du temps de fou. Qui n'est pas prêt de se calmer: avec son équipe, il vient d'être nommé à la tête d'un réseau européen de surveillance des maladies infectieuses et tropicales.
"Ça va rajouter une nouvelle activité, ce sera encore plus la course, reconnaît-il. La réponse viendra d'une nouvelle motivation et on jouera encore plus collectif." C'est au mois d'août que le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies, qui est basé à Stockholm, a lancé un appel d'offres.
Aussitôt, Philippe Parola a tissé sa toile à travers 14 pays et présenté sa candidature : "Nous n'étions pas les seuls en lice. Nous étions particulièrement en concurrence avec un réseau qui existait déjà, dont le centre est à Berlin. Notre succès doit beaucoup à la visibilité dont ont bénéficié les équipes marseillaises ces dernières années. Ainsi, c'est à l'hôpital Nord qu'a été isolé le nouveau virus de la maladie du chikungunya."
Caché dans un petit bâtiment des quartiers Nord de Marseille, le bureau de Philippe Parola est une fenêtre sur le monde. Sur les murs, des objets d'art africains racontent ses voyages autant que son service militaire dans la coopération. Surtout, c'est d'ici que ce médecin trentenaire surveille, sur les cinq continents, l'évolution des maladies infectieuses et tropicales.
"Voici 10 ans est apparu un nouveau concept, la médecine des voyages, explique-t-il. Avec la rapidité des transports, les maladies circulent dans le monde entier en quelques jours. L'Europe peut être en prise directe avec des événements qui se déroulent à des milliers de kilomètres de chez nous."
Ville-carrefour, Marseille est en première ligne dans cette circulation des virus. Conséquence, la cité phocéenne s'est dotée d'un outil de pointe avec le Pôle des maladies infectieuses de l'hôpital Nord. "Être reconnu par l'Union européenne, c'est une récompense pour notre service, pour notre université, pour notre ville", se réjouit Philippe Parola. Ce qui pourrait s'avérer décisif à l'heure où le ministère de la Santé réfléchit à la création en un lieu unique d'un "infectiopôle".
Apporter sa pierre à la renommée de Marseille n'est pas la moindre des choses pour cet enfant des quartiers Nord : "J'ai fait toutes mes études ici, dans cette partie de la ville. De temps en temps, je reçois même des mails d'anciens camarades de classe." Récemment, il a été contacté pour fêter les 20 ans de son bac.
Nouvel éclat de rire : "Marseille, c'est important pour moi. D'ailleurs, avec une mère corse et un père d'ascendance italienne, on peut dire que je suis un vrai Marseillais !"
Source : www.laprovence.frPar Fred Guilledoux-le 19 janvier 2009
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