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07/04/2009
Rechauffement climatique : Ca chauffe pour la santé

Moustifluid, le garde du corps contre les insectes piqueurs
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Actualités
On le sait  : la Terre se réchauffe. Mais les bouleversements qui s'ensuivront ne seront pas seulement climatiques,

ils affecteront aussi notre santé.

Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ne laisse aucun doute  : la Terre s'est réchauffée de 0,65 degré en moyenne depuis cinquante ans. La faute aux émissions de gaz à effet de serre, qui ont augmenté de 70 % entre 1970 et 2004. Si rien n'est rapidement entrepris pour les diminuer significativement, le réchauffement va se poursuivre de façon inexorable au cours des cent prochaines années, faisant grimper les températures de 1,8 à 4 degrés par rapport à celles d'aujourd'hui. Conséquence  : le niveau de la mer va également, selon les prévisions, s'élever de 18 à 59 centimètres d'ici à 2100.
Maladies infectieuses
 
Pas si grave, pensez-vous  ? Erreur. Ces changements auront des répercussions sur le climat  : tempêtes, inondations, périodes de sécheresse sont annoncées. Les écosystèmes seront également menacés, avec l'extinction de certaines espèces animales et végé­tales. Mais ce n'est pas tout. Le réchauffement climatique pourrait aussi avoir des répercussions sur la santé. Celle des populations les plus pauvres, notamment, qui ont pourtant le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre. Si les périodes de sécheresse se multiplient, elles risquent de réduire la production agricole, développant ainsi la malnutrition, et de compromettre l'approvisionnement en eau douce, aggravant les maladies diarrhéiques, liées à la pollution de l'eau. Autre crainte  : le réchauffement climatique pourrait-il favoriser le développement de maladies infectieuses à vecteur, notamment celles véhiculées par les moustiques  ? Tout porte à le croire, d'autant que les insectes se reproduisent rapidement lorsqu'il fait chaud, augmentant ainsi le nombre d'infections.
Nouvelles zones de paludisme
 
 
«  Aujourd'hui, beaucoup de moustiques ont une durée de vie de trois semaines  ; ils meurent souvent avant de devenir vraiment nocifs. Avec des températures plus élevées, l'intervalle qui sépare le moment où le moustique se contamine en piquant un individu infecté et celui où il est capable de transmettre la maladie sera plus court  », explique Jean-Pierre Besancenot, climatologue, ex-responsable du laboratoire Climat et santé à la faculté de médecine de Dijon. Souvent évoqué, le paludisme pourrait ainsi s'étendre à des régions où la population ne dispose d'aucune immunité contre cette maladie et où il n'existe pas de structures de santé publique suffisamment solides pour faire face à une épidémie. «  Actuellement, le paludisme n'est pas présent chez les populations vivant au-dessus de 1 400 mètres en Asie et de 1 600 mètres en Afrique. Mais, avec un réchauffement de 2 degrés, la maladie risque de grimper de 300 ou 400 mètres. Ces zones jusque-là protégées, aujourd'hui très peuplées en raison justement de l'absence du paludisme, risquent d'être à l'avenir lourdement touchées, souligne le climatologue, même si le développement de la maladie me paraît plus influencé par les structures sociales, économiques et sanitaires d'un pays qu'il ne l'est finalement par le climat.  » En Europe, les risques sont ailleurs. Les spécialistes s'accordent pour dire que les épisodes caniculaires seront plus fréquents - environ une année sur deux d'ici à 2100. Or, tous gardent en mémoire l'été meurtrier de 2003  : 15 000 personnes âgées n'avaient pas survécu à cette vague de chaleur. «  Si on estime qu'en 2050 le nombre des plus de 85 ans sera trois à quatre fois supérieur à celui enregistré en 2003, on peut s'attendre à encore plus de morts. Les plans canicule paraissent donc indispensables  », souligne Jean-Pierre Besancenot. De même, un temps ensoleillé en l'absence de vent risque d'accroître la pollution à l'ozone, avec à la clé un risque majoré de maladies respiratoires, dont l'asthme, et une multiplication des allergènes (pollens).
La leishmaniose en Europe
 
Mais, selon le climatologue, le risque principal en Europe sera le développement de la leishmaniose, une maladie viscérale parasitaire véhiculée par un moucheron, le phlébotome, et dont le développement dépend étroitement des conditions de température. Aujourd'hui présente dans 88 pays, dont l'Inde et le Maroc, la leishmaniose se déploie depuis quelques années en Italie. En France, quatre foyers infectieux étaient jusqu'à présent répertoriés (les Cévennes, l'agglomération marseillaise, le département des Alpes-Maritimes et, marginalement, la Corse), mais, depuis cinq à six ans, on note la présence du moucheron durant la saison chaude dans tout le triangle Andorre-Lyon-Nice. Certains étés, on retrouve même l'insecte en Bourgogne. Si la maladie touche le plus souvent les chiens, il n'est pas exclu qu'elle affecte les humains, surtout s'ils sont immunodéprimés. Elle se traduit par une grande fatigue et une anémie pouvant être fatale si aucun traitement n'est mis en œuvre rapidement. Pour y faire face, afin de contenir au plus tôt la dispersion de la maladie, si besoin est, le système de surveillance des maladies infectieuses mis en place en 1998 demeure indispensable.

Source :www.vivapresse.fr-auteur : Sylvie Boistar- 2 avril 2009


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