Le docteur Patrice Halimi, chirurgien pédiatre à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), explique à France-Soir, les conséquences du changement climatique sur notre santé.
FRANCE-SOIR. Quand allons-nous ressentir les effets du réchauffement climatique sur notre santé ?
Patrice Halimi. Dès à présent ! On ne s’en rend pas compte parce qu’on ne fait pas le lien, mais des petits maux de tous les jours sont en rapport direct avec le réchauffement climatique. L’asthme ou les rhinites allergiques, par exemple, touchent de plus en plus de personnes car les phases de pollinisation augmentent. En seulement vingt ans, cette période a augmenté d’environ un mois.
Et c’est ce pollen qui engendre toutes sortes d’allergies. Il y a aussi des maladies qu’on ne trouvait pas en France, il y a quelques années, et qui commencent à voir le jour. C’est le cas du chikungunya, que l’on recense dans les zones marécageuses de Camargue ou dans la région niçoise. La canicule a également des effets très néfastes sur la population. A ce jour, Paris compte trois jours de canicule par an. D’ici à 2050, cette même ville en comptera 40 !
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Est-ce que les pays du Sud doivent davantage s’inquiéter ?
Les effets sont déjà très brutaux dans ces régions-là. Pour la première fois depuis de très nombreuses années, le choléra refait son apparition. Il y a aussi le problème du paludisme, véritable arme de destruction massive. Car, chaque année, on recense près de 250 millions de nouveaux cas. L’augmentation de la température favorise l’apparition des moustiques surtout en Zambie, Ethiopie et à Madagascar.
Comment peut-on prévenir les conséquences de ces maladies sur notre santé ?
Dans un premier temps, il faut mieux avertir la population. Les gens ne font pas forcément le lien entre leur maladie et le dérèglement climatique. C’est à nous, professionnel de la santé, de le leur dire. Par ailleurs, il faut mieux s’urbaniser. Pour ne citer qu’un exemple, le bitume était le matériau le plus utilisé dans les années 1970 pour construire des immeubles.
Or, il emmagasine énormément de chaleur, ce qui est néfaste pour l’ozone et les différentes maladies qui découlent du réchauffement de la planète. Si l’on continue sur cette voix, on va être de plus en plus malade et donc multiplier les arrêts maladie. Ce coût pourrait remettre entièrement en question la survie du système de santé français.
Source : www.francesoir.fr- 12 Novembre 2009
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