Le ministre de la Santé, Jules Ienfa, a fait part à la presse, ce lundi, de l'enregistrement officiel de deux cas de dengue de type 4.
La Polynésie française avait été jusqu'à présent épargnée par l'épidémie qui sévit depuis la mi-2008 dans plusieurs régions du Pacifique Sud. Les mesures anti-vectorielles devant être renforcées, il est particulièrement demandé à la population d'éliminer les gites à moustiques.

Les structures chargées de la veille sanitaire ont identifié, vendredi dernier, le cas de deux personnes vivant à Mahina qui, après analyse confirmée, se sont avérées porteuses du sérotype de la dengue de type 4. Revenant jeudi soir d'un voyage en Nouvelle-Calédonie, elles y ont contracté ce type de dengue à la suite d'une piqûre de moustique, le virus dont celui-ci est porteur y étant présent depuis novembre 2008.
"Les deux personnes ont été prises en charge et sont actuellement hors de danger", a assuré le ministre Jules Ienfa. Par ailleurs, a-t-il précisé, "des mesures de prévention sont prises de manière à traiter contre les moustiques la zone entourant l'habitation de ces personnes, afin de tenter d'éviter la propagation de la maladie", qui touche actuellement de nombreux pays voisins, parmi lesquels les îles Samoa, Fidji ou Cook et, plus récemment, la Nouvelle-Calédonie.
Renforcer la prévention
La dengue de type 4 n'avait pas sévi en Polynésie française depuis trente ans, ont précisé les responsables du service de la Santé et de l'Hygiène publique, également présents à la conférence de presse. En conséquence, les personnes nées ou arrivées sur le territoire depuis lors, ne sont pas immunisées. Cette dengue est réapparue en 2008 de façon épidémique dans diverses régions du Pacifique Sud, dont la Nouvelle-Calédonie, en novembre dernier.
Les symptômes de la maladie (diarrhée, céphalée, courbatures, fièvre...) équivalent à ceux des trois autres dengues – celle de type 4 "n'étant ni plus ni moins dangereuse qu'une autre". Mais une grande partie de la population n'étant pas immunisée, les autorités sanitaires ont pour souci "d'étaler" l'épidémie potentielle, celle-ci pouvant avoir de graves conséquences au niveau économique et au niveau de la prise en charge des malades.
L'action du Centre d'hygiène et de salubrité publique (traitement des zones contaminées...) ne suffit pas, a précisé le ministre qui invite la population à prendre les mesures adéquates pour empêcher ou, au minimum, retarder et amortir une éventuelle épidémie en appliquant les consignes connues, notamment en éliminant au maximum les gites (tout lieu où l'eau peut stationner) où pondent les moustiques.
Renforcer les moyens de dépistage
Jules Ienfa a tenu à préciser que la veille sanitaire assure le suivi épidémiologique des cas déclarés par les structures de soins et les laboratoires, et organise les actions de prévention autour des nouveaux cas. En cas de symptômes, les personnes potentiellement atteintes sont cependant invitées à faire effectuer une analyse de leur sang. Le signalement rapide par le médecin et l'obtention du diagnostic biologique sont en effet essentiels pour permettre des mesures rapides de soins.
A ce titre, le ministre a également indiqué qu'une information était mise en place à l'aéroport international de Tahiti Faa'a, en collaboration avec les services de l'Etat, pour les voyageurs arrivant de pays affectés par la dengue: Nouvelle-Calédonie, Îles Cook, ou venant d'autres pays mais ayant transité par la Nouvelle-Zélande. "Une caméra thermique en mesure de détecter les personnes fébriles, en provenance de ces régions, permettra de les diriger vers les structures de soins pour effectuer des bilans sanguins", a aussi expliqué Jules Ienfa, en regrettant toutefois que ce programme de prévention - acté vendredi dans le cadre du contrat de projets – ne puisse être immédiatement mis en place faute de... vote du budget à l'Assemblée !
source : www.tahitipresse.pf-19janvier 2008
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